Laisse-toi porter par le vent
Le cerf-volant en toute liberté
A l'assemblée générale 2011, le club Elément'Air a choisi de construire des Colombes, lors du prochain atelier. Ce ne sont pas à proprement dit des cerfs-volants. On les fixe au bout d'une canne à pêche et elles volent et virevoltent l'une autour de l'autre. Ca m'emballe tout de suite. Malheureusement, je ne peux pas être présente, ce jour-là. Mais l'équipe de Monthey est "chou comme tout". Quand ils coupent le tissu, ils m'en préparent aussi et Bernard me transmet les plans, avec des explications très complètes.
Finalement, ce n'est qu'en automne que je trouve le temps de m'y mettre. Pas si simple! Le temps a passé et je ne me souviens pas de tout ce que Bernard m'a expliqué. Heureusement, avec les plans, ça va.
En mai 2012, mes colombes effectuent leur premier vol à Schöfflisdorf, près de Zürich. Très vite, je vois que leur vol n'est pas le même que celui des colombes de Maggi et Bernard... Dans les tourbillons du vent, mes colombes passent une aile dans le bridage et se retrouvent à l'envers. J'ai fixé le bridage tout en bas de la queue des oiseaux, alors que Bernard a prévu un bridage en plein milieu du corps. Après discussion avec Bernard, je découvre que j'ai retrouvé par hasard le bridage d'origine, que Bernard a justement modifié! Qui a dit que je n'étais pas douée pour le bridage?
Voilà, ça y est : j'ai de nouveau plein d'envies, plein d'idées. J'ai baissé mon temps de travail, pour être moins débordée, pour me débarrasser de ces migraines qui me pourrissaient la vie... à moi, mais aussi à mon fils ! Il m'aura fallu presque trois mois pour me remettre, mais ça y est. J'ai retrouvé du temps pour mon fils, pour être vraiment disponible pour lui, pour ses soucis quotidiens, pour partager ces petits riens qui nous permettent de tisser des liens avec ceux qu'on aime. Suite à une rencontre, cet été, j'ai retrouvé le sommeil, j'ai perdu six kilos, j'ai fait le point. Mais surtout, je me suis retrouvée, moi. J'ai changé un peu la déco à la maison, installé un hamac, retrouvé la passion de mon métier, renforcé des liens avec des proches, je ris, je danse, je nage,... et j'ai envie de faire des cerfs-volants!
Début septembre, le club Elément'Air avait prévu une journée d'atelier et de démonstrations à l'Espérance, à Etoy. La pluie en a décidé autrement. Nous avons donc sorti quelques cerfs-volants et décoré la tente où les gens se restauraient. Là, j'ai vu le "Jubilaire" de Nicolas. Le V devient un oiseau, qui vient de prendre son envol. Graphique, simple, inventif... tout ce que j'aime.
J'aimais bien sa forme. J'aimais bien sa matière. J'ai donc repris mon "Jubilaire" et je l'ai modifié, pour que le XV apparaisse en noir, imbriqué dans le "Q" que j'avais fait. Pour le style, je me suis plus qu'inspirée du cerf-volant de Nicolas. C'est presque du plagiat. J'espère qu'il ne m'en voudra pas trop...
Voilà donc un "presque nouveau" cerf-volant, prêt juste à temps pour voler à Marseille... Et cette fois, il me plaît plus. Encore merci, Nicolas :-)
Alors que je n'ai rien construit, rien écrit depuis plus d'un an (d'ailleurs, on ne m'a vue sur aucun Festival, ce printemps), voilà que l'envie revient. Je sors de ma coquille. C'est bon signe! :-)
L'an dernier, en mars, le club Elément'Air a organisé le traditionnel atelier de construction. En vue du
Festival de Vercorin, qui allait fêter son quinzième anniversaire en juillet, l'équipe a décidé de marquer le coup. Ils ont donc mis au point un cerf-volant inédit, qu'ils ont baptisé le
Jubilaire. Sur une forme commune, chacun, ensuite, allait y faire figurer le nombre 15. Transparent, le cerf-volant permettait vraiment de mettre en valeur le dessin. En vol, on devine les
contours du cerf-volant, mais c'est le XV qui ressort vraiment. Le modèle proposé affichait une immense XV, bien proportionné, graphique, très beau. Comme j'étais en panne d'inspiration à ce
moment-là et que je ne construisais plus rien depuis un bon moment, j'ai eu envie d'aller plus loin, de m'impliquer un peu dans ce 15, de me l'approprier. Le "Quinze" est donc resté longtemps
tout blanc, sans que je commence vraiment son motif.
Mon fils a un prénom qui commence par "Q", comme quinze. Je tenais là l'occasion de lui faire un clin d'oeil, par cerf-volant interposé. J'ai donc dessiné une immense lettre "Q", pas trop ronde, pas trop régulière, comme si le vent jouait avec ses contours. Je voulais quelque chose d'organique, de presque vivant, qui contrastait avec le XV proposé par Nicolas et Bernard. Puis, j'ai choisi quinze morceaux de toile de spi, pour remplir la lettre. Bien sûr, j'ai pioché dans mes chutes et je n'en ai sorti que des tons camaïeux : rose (tiens, donc?!), rouge, violet, mauve,...
Après l'étape de couture, j'ai tenté le premier vol. Dès que l'appareil s'élevait un peu dans les airs, on distinguait très bien ... un zéro, ou la lettre O. Pour que ce soit plus lisible, j'ai essayé d'accentuer la queue du "Q". J'ai donc fini le mot "Quinze", en l'écrivant au feutre argenté, en bas à droite.
Finalement, je ne vole presque jamais le Quinze. Son design est plutôt mou, sans caractère. Et je ne parle
même pas de la comparaison avec les cerfs-volants des autres, qui arborent presque tous ce magnifique XV, inspiré par le fameux XIII de la bande dessinée. Pourquoi ai-je cherché à compliquer ?
... éternelle question! Maintenant, je saurai que si je n'ai pas l'inspiration, il vaut mieux m'abstenir.
De plus, ce Jubilaire a été créé pour marquer le quinzième anniversaire du Festival de Vercorin. Mais il se trouve que c'était aussi la dernière édition de ce Festival que j'aimais beaucoup. Le comité d'Elément'Air a beaucoup donné, s'est beaucoup investi pour organiser chaque édition de ce rendez-vous internationnal, si apprécié. Les aléas de l'organisation, les difficultés de communication, l'immobilisme de ceux qui auraient pu prendre la relêve, tout cela a eu raison de leur courage. N'ayant jamais rien fait pour les décharger, je ne leur jette pas la pierre. Je trouve, au contraire, qu'ils ont tenu bien longtemps. Je profite seulement de ces quelques lignes pour rendre hommage à tout ce qu'ils ont fait pour que perdure cette fête, faite de rencontres et d'échanges, dans un esprit si proche de ma vision du cerf-volant, loin de l'aspect mercantile qu'on peut trouver ailleurs.
Alors si j'ai un petit pincement au coeur quand je fais voler le Quinze, c'est juste un peu de tristesse en pensant à ce qu'ils avaient fait de ce rendez-vous à Vercorin. Ils y avaient mis tout leur coeur, tout simplement.



Cette année, le thème de Marseille était : le zoo céleste. J'ai mis
beaucoup de temps à me décider. Je n'avais pas envie de faire un cerf-volant que je ne sortirais plus jamais par la suite...
Peu d'animaux de zoo m'inspiraient. J'ai donc préféré faire un cerf-volant qui me ressemble, quitte à être un peu hors-sujet. Quoique...
J'observe chez moi, depuis quelques mois, une vraie métamorphose. Oh, ça peut passer inaperçu auprès des gens qui m'entourent, mais je me sens de plus en plus devenir vraiment moi. Je renoue
petit à petit avec un côté insouciant, une légèreté qui ont toujours fait partie de ma personnalité. Sur ce cerf-volant, j'avais envie de laisser comme une trace indélébile de quelque chose
d'éphémère. Depuis 1994, je suis bénévole au Montreux Jazz Festival. Ca fait vraiment partie de ma vie, de ma façon d'être. Quoi de plus éphémère qu'un concert, une musique? Et pourtant, que
serait la vie sans ce souffle vital? J'ai donc appelé ce cerf-volant Musique.
Ici, les notes d'un concert s'envolent, se métamorphosent en papillons, légers, dont on ne voit que les ombres passer. Peu à peu la couleur fait son apparition, le dessin progresse de
l'ombre vers la lumière. Qui, mieux que le papillon, peut symboliser la métamorphose?
La forme de ce cerf-volant est aussi inhabituelle. Ce n'est qu'un morceau, une tranche de vie, traversé par cet envol. S'il n'y a pas de bonheur, il y a des moments de bonheurs, que je ne laisse
plus s'envoler sans les vivre pleinement.
Carpe Diem.
Voilà, ça y est, je l'ai enfin fait! Un cerf-volant tout simple, tout rose...
Il y a longtemps (au moins deux ans), Antonio m'avait fait cadeau d'un tissu extraordinaire. C'est avec cette toile qu'il a fait ses carrés magnifiques. La matière est tellement fluide, avec de
merveilleux reflets, que c'en est magique! Devant mon air extasié, il m'en a offert une longueur, en rose, bien sûr. D'abord très pressée d'en faire un cerf-volant génial, j'ai vite été
confrontée à la lourde responsabilité que cela représentait. Le carré était une forme idéale pour mettre en valeur ce matériau extraordinaire. Mais je n'avais pas du tout envie de copier, même si
c'est Antonio. J'ai donc ressorti les plans des cerfs-volants que j'avais envie de réaliser. Pas question de me lancer dans un prototype que ne volerait pas! J'avais trop peur de ne pas être
digne de ce cadeau, alors je n'en faisais rien... mais j'y pensais tout le temps.
Depuis deux mois, je vois la Vie en Rose. C'est sans doute ce qui m'a donné le courage (l'insouciance?) de me lancer. Mieux vaut vivre les choses pleinement, quitte à ce que ce ne soit pas aussi
réussi qu'on l'aurait voulu! Alors j'ai ressorti ce fameux plan, sur lequel je n'osais pas me lancer non plus. C'est une petite chose toute simple, graphique, au bridage facile, qui bouge dans le
vent. Un cerf-volant vivant, qui s'adapte aux courants qui le soutiennent, qui plane, qui nous emmène dans les nuages avec lui... juste ce dont j'avais envie.
Voici donc La Vie En Rose, Parawing dessiné par Francis Rogallo. A l'origine, il n'est composé que de la voile et des brides. Mais la souplesse du tissu choisi permettait trop de
déformations de la toile et l'empêchait de voler. J'ai donc ajouté des baguettes de fibre de verre. Puis je l'ai essayé à Marseille...
De sages cervolistes m'ont informée qu'ils avaient vainement essayé, eux aussi. J'ai donc ajouté une troisième baguette de fibre de verre, puis une quatrième, transversale, pour le transformer en
delta. Dommage, j'aimais beaucoup son air d'avion en papier... et je ne sais même pas si ça vole ;-)
Je reviens de Ferrara (I), où la tradition veut que chaque participant construise un cerf-volant pour l'occasion. Au lieu de proposer un thème, pour que chacun crée selon son inspiration, on vous
met à disposition un plan précis à réaliser. Contrairement aux apparences, c'est très créatif! Chacun choisit ses couleurs, ses motifs. Le plan laisse quelques zones de flou, qui vous laisseront
gamberger pour trouver les solutions techniques qui vous manquent. Enfin, même pour l'assemblage, par exemple, chacun y va de sa petite astuce... Le résultat est étonnant de diversité!
Quand j'ai découvert que, cette année, il s'agissait d'un parapluie, j'ai eu peur que ce soit un mauvais présage. Comme je comptais y aller avec mes parents, on en a
discuté et il s'est avéré qu'il fallait garder une décoration "de parapluie". Les autres motifs auxquels j'avais pensé (ciel et nuages, arc-en-ciel et oiseaux, ciel étoilé) faisaient disparaître
la forme globale du parapluie. Je les ai donc construits en deux couleurs, comme tant de nos vrais parapluies.
Heureusement que j'ai été aidée par un dessinateur de génie. J'ai eu beaucoup de mal à dessiner la courbure des baleines, aucune mesure de précisant la profondeur de l'arc de cercle... Pour la
poignée, j'ai beaucoup réfléchi, puis j'ai décidé je m'en sortir par une pirouette, les solutions plus sérieuses me paraissant trop compliquées à fixer. Les poignées de nos parapluies sont donc
faites avec des... cure-pipes! Quelle idée! Sur place, ça s'est avéré trop souple, trop maléable, trop
petit,...
Malheureusement, les conditions de vents ressemblant aux nôtres, il a été difficile de faire un vol d'ensemble. Je n'ai pas pu faire la photo dont je rêvais, avec des dizaines de parapluies
volant ensemble. Ca a déjà été très dur de faire ce cliché avec nos deux cerfs-volants! A essayer, donc, un jour où il y aura du vent...
Ce printemps, l'équipe d'Elément'Air (VS) a réalisé un cerf-volant étonnant (encore...). Ils ont emprunté les plans à un
architecte, qui cherchait à faire un cerf-volant qui plane. Ca lui confère un vol à la fois dynamique et doux. Les réglages permettent de choisir si on préfère un pilotage plus sportif ou des
trajectoires plus faciles à anticiper. Tout ce que j'aime !!! L'idée était de le réaliser avec des chutes, de créer un patchwork et pouvoir enfin utiliser nos restes.
Je les ai pris au mot. J'ai sorti de mes placards mes chutes de toile de spi. J'ai choisi celles qui me rappelaient un des cerf-volants que j'ai réalisés. J'ai donc choisi mes morceaux
avec soin, pour y retrouver des bribes de mes autres "bébés". Ce jeu de puzzle était vraiment passionnant. J'y ai pris beaucoup de plaisir et consacré plus de temps que je n'aurais pensé. Je
débattais avec moi-même de l'endroit où placer ma pièce, puisque je voulais, en même temps, organiser un peu les couleurs (les plus claires au centre).
En février, j'ai découvert le Jardin des Tarots, de Nikki de St-Phalle, à Cappalbio (I). J'ai été subjuguée, à la fois par le travail de fourmi que ça représentait, et l'harmonie qui se
dégageait du tout. Immagine d'immenses statues, entièrement recouvertes de tout petits morceaux de verre, de faillence, de miroirs,... Certaines sont si grandes, qu'on peut entrer, visiter,
monter des escaliers,... L'une d'elles, l'Impératrice, a même été la maison de l'artiste pendant bien des années.
J'ai donc eu envie de reproduire un peu cette mosaïque, mais sans que l'on voie des petits carrés partout. Je voulais que les formes et les couleurs se fondent les unes dans les autres... J'ai
tellement aimé ce jeu d'assemblages, que j'ai fait une réplique plus petite, pour mon fils. Il faut dire que, lui aussi, a aimé ce vol si fluide. En hommage à tout ce que m'a inspiré ce
jardin, j'ai appelé le petit cerf-volant Nikki, le premier étant plus sobrement intitulé Mosaïque.
Il n'est pas impossible que je fasse d'autres cerfs-volants avec des assemblages. J'ai l'impression de ne pas avoir assez exploré ce terrain de jeu. J'aime bien le contradiction entre ces
morceaux coupés, cousus nets et cette recherche de dégradé, de destructuration. On verra. Quoi qu'il en soit, je ne pourrai plus y faire apparaître des bribes de mes créations précédentes, les
morceaux les plus parlants sont sur Mosaïque.
Liste chronologique de mes constructions :
1. Snowflake, 1,5m x 1,5m, avril 1998
2. "Dragange", 1m x 1m, août 1998
3. Anneau "Jour et Nuit", diam. 4m, mars 1999
3 (bis). Bannière, hauteur 3m, mai 1999
4. Arche, long. 50m, mai 1999
4 (bis). Libellule, 1.60 x 1m, mai 1999
5. "Masques", 1,85m x 2m, juin 1999
6. Disque "sur un air de musique", diam. 2m, sept. 1999
7. Navette "bateau", env. 50 cm, sept. 1999
8. Matisse (Genki), 3m x 1m., mars 2000
9. Rossinière (Projet E2), 70cm x 1m, mai 2000
10. Bannière "Soleil", 5m, juin 2002
11. "Soleil" auto-portrait, juin 2002
12. Lion, août 2002
13. Regard, Jimmy, novembre 2002
14. Papillon, décembre 2002
15. "L'enfant, la lune et le soleil", Delta, décembre 2002
16. Train Arc-en-ciel, Yakkis, avril 2003
17. "Mon étoile", hexagone, mars 2004
18. Platz, mai 2004
19. "Fou", Rokkaku, juin 2004
20. "Eole", septembre 2004
21. Poisson-clown, novembre 2004
22. "Révolver", mai 2005
23. "Eclipse", juin 2005
24. "As' tral", avril 2006
25. "Transparences", Genki, mai 2006
26. "Prisme", novembre 2006
27. "Soucoupe", mars 2007
28. "Grand Rouge", mai 2007
29. "Jenni", mai 2007
30. "Mosaïque", Urban Ninja, mars 2008
30 (bis). "Niki", Urban Ninja, mars 2008
31. "Parapluie", 288 cm x 220 cm, avril 2008
32. "La Vie En Rose", Parawing, 133 x 133 cm, septembre 2008
33. "Musique", Lo-Do, 300 x 50 cm, septembre 2008
34. Pipa, novembre 2008
35. Kondor, mars 2009
36. "Etoiles", Wave kite, septembre 2009
37. "Quinze", Jubilaire, mars 2010
38. "Colombes", engin de ligne, octobre 2011
39. "Bébête", Kinetic, février 2012
40. Serpents, février 2012
41. "Créneaux", Delta, mai 2012
à suivre... ;-)