Laisse-toi porter par le vent
Le cerf-volant en toute liberté
Cette année, le thème de Marseille était : le zoo céleste. J'ai mis
beaucoup de temps à me décider. Je n'avais pas envie de faire un cerf-volant que je ne sortirais plus jamais par la suite...
Peu d'animaux de zoo m'inspiraient. J'ai donc préféré faire un cerf-volant qui me ressemble, quitte à être un peu hors-sujet. Quoique...
J'observe chez moi, depuis quelques mois, une vraie métamorphose. Oh, ça peut passer inaperçu auprès des gens qui m'entourent, mais je me sens de plus en plus devenir vraiment moi. Je renoue
petit à petit avec un côté insouciant, une légèreté qui ont toujours fait partie de ma personnalité. Sur ce cerf-volant, j'avais envie de laisser comme une trace indélébile de quelque chose
d'éphémère. Depuis 1994, je suis bénévole au Montreux Jazz Festival. Ca fait vraiment partie de ma vie, de ma façon d'être. Quoi de plus éphémère qu'un concert, une musique? Et pourtant, que
serait la vie sans ce souffle vital? J'ai donc appelé ce cerf-volant Musique.
Ici, les notes d'un concert s'envolent, se métamorphosent en papillons, légers, dont on ne voit que les ombres passer. Peu à peu la couleur fait son apparition, le dessin progresse de
l'ombre vers la lumière. Qui, mieux que le papillon, peut symboliser la métamorphose?
La forme de ce cerf-volant est aussi inhabituelle. Ce n'est qu'un morceau, une tranche de vie, traversé par cet envol. S'il n'y a pas de bonheur, il y a des moments de bonheurs, que je ne laisse
plus s'envoler sans les vivre pleinement.
Carpe Diem.
Voilà, ça y est, je l'ai enfin fait! Un cerf-volant tout simple, tout rose...
Il y a longtemps (au moins deux ans), Antonio m'avait fait cadeau d'un tissu extraordinaire. C'est avec cette toile qu'il a fait ses carrés magnifiques. La matière est tellement fluide, avec de
merveilleux reflets, que c'en est magique! Devant mon air extasié, il m'en a offert une longueur, en rose, bien sûr. D'abord très pressée d'en faire un cerf-volant génial, j'ai vite été
confrontée à la lourde responsabilité que cela représentait. Le carré était une forme idéale pour mettre en valeur ce matériau extraordinaire. Mais je n'avais pas du tout envie de copier, même si
c'est Antonio. J'ai donc ressorti les plans des cerfs-volants que j'avais envie de réaliser. Pas question de me lancer dans un prototype que ne volerait pas! J'avais trop peur de ne pas être
digne de ce cadeau, alors je n'en faisais rien... mais j'y pensais tout le temps.
Depuis deux mois, je vois la Vie en Rose. C'est sans doute ce qui m'a donné le courage (l'insouciance?) de me lancer. Mieux vaut vivre les choses pleinement, quitte à ce que ce ne soit pas aussi
réussi qu'on l'aurait voulu! Alors j'ai ressorti ce fameux plan, sur lequel je n'osais pas me lancer non plus. C'est une petite chose toute simple, graphique, au bridage facile, qui bouge dans le
vent. Un cerf-volant vivant, qui s'adapte aux courants qui le soutiennent, qui plane, qui nous emmène dans les nuages avec lui... juste ce dont j'avais envie.
Voici donc La Vie En Rose, Parawing dessiné par Francis Rogallo. A l'origine, il n'est composé que de la voile et des brides. Mais la souplesse du tissu choisi permettait trop de
déformations de la toile et l'empêchait de voler. J'ai donc ajouté des baguettes de fibre de verre. Puis je l'ai essayé à Marseille...
De sages cervolistes m'ont informée qu'ils avaient vainement essayé, eux aussi. J'ai donc ajouté une troisième baguette de fibre de verre, puis une quatrième, transversale, pour le transformer en
delta. Dommage, j'aimais beaucoup son air d'avion en papier... et je ne sais même pas si ça vole ;-)
Je reviens de Ferrara (I), où la tradition veut que chaque participant construise un cerf-volant pour l'occasion. Au lieu de proposer un thème, pour que chacun crée selon son inspiration, on vous
met à disposition un plan précis à réaliser. Contrairement aux apparences, c'est très créatif! Chacun choisit ses couleurs, ses motifs. Le plan laisse quelques zones de flou, qui vous laisseront
gamberger pour trouver les solutions techniques qui vous manquent. Enfin, même pour l'assemblage, par exemple, chacun y va de sa petite astuce... Le résultat est étonnant de diversité!
Quand j'ai découvert que, cette année, il s'agissait d'un parapluie, j'ai eu peur que ce soit un mauvais présage. Comme je comptais y aller avec mes parents, on en a
discuté et il s'est avéré qu'il fallait garder une décoration "de parapluie". Les autres motifs auxquels j'avais pensé (ciel et nuages, arc-en-ciel et oiseaux, ciel étoilé) faisaient disparaître
la forme globale du parapluie. Je les ai donc construits en deux couleurs, comme tant de nos vrais parapluies.
Heureusement que j'ai été aidée par un dessinateur de génie. J'ai eu beaucoup de mal à dessiner la courbure des baleines, aucune mesure de précisant la profondeur de l'arc de cercle... Pour la
poignée, j'ai beaucoup réfléchi, puis j'ai décidé je m'en sortir par une pirouette, les solutions plus sérieuses me paraissant trop compliquées à fixer. Les poignées de nos parapluies sont donc
faites avec des... cure-pipes! Quelle idée! Sur place, ça s'est avéré trop souple, trop maléable, trop
petit,...
Malheureusement, les conditions de vents ressemblant aux nôtres, il a été difficile de faire un vol d'ensemble. Je n'ai pas pu faire la photo dont je rêvais, avec des dizaines de parapluies
volant ensemble. Ca a déjà été très dur de faire ce cliché avec nos deux cerfs-volants! A essayer, donc, un jour où il y aura du vent...
Ce printemps, l'équipe d'Elément'Air (VS) a réalisé un cerf-volant étonnant (encore...). Ils ont emprunté les plans à un
architecte, qui cherchait à faire un cerf-volant qui plane. Ca lui confère un vol à la fois dynamique et doux. Les réglages permettent de choisir si on préfère un pilotage plus sportif ou des
trajectoires plus faciles à anticiper. Tout ce que j'aime !!! L'idée était de le réaliser avec des chutes, de créer un patchwork et pouvoir enfin utiliser nos restes.
Je les ai pris au mot. J'ai sorti de mes placards mes chutes de toile de spi. J'ai choisi celles qui me rappelaient un des cerf-volants que j'ai réalisés. J'ai donc choisi mes morceaux
avec soin, pour y retrouver des bribes de mes autres "bébés". Ce jeu de puzzle était vraiment passionnant. J'y ai pris beaucoup de plaisir et consacré plus de temps que je n'aurais pensé. Je
débattais avec moi-même de l'endroit où placer ma pièce, puisque je voulais, en même temps, organiser un peu les couleurs (les plus claires au centre).
En février, j'ai découvert le Jardin des Tarots, de Nikki de St-Phalle, à Cappalbio (I). J'ai été subjuguée, à la fois par le travail de fourmi que ça représentait, et l'harmonie qui se
dégageait du tout. Immagine d'immenses statues, entièrement recouvertes de tout petits morceaux de verre, de faillence, de miroirs,... Certaines sont si grandes, qu'on peut entrer, visiter,
monter des escaliers,... L'une d'elles, l'Impératrice, a même été la maison de l'artiste pendant bien des années.
J'ai donc eu envie de reproduire un peu cette mosaïque, mais sans que l'on voie des petits carrés partout. Je voulais que les formes et les couleurs se fondent les unes dans les autres... J'ai
tellement aimé ce jeu d'assemblages, que j'ai fait une réplique plus petite, pour mon fils. Il faut dire que, lui aussi, a aimé ce vol si fluide. En hommage à tout ce que m'a inspiré ce
jardin, j'ai appelé le petit cerf-volant Nikki, le premier étant plus sobrement intitulé Mosaïque.
Il n'est pas impossible que je fasse d'autres cerfs-volants avec des assemblages. J'ai l'impression de ne pas avoir assez exploré ce terrain de jeu. J'aime bien le contradiction entre ces
morceaux coupés, cousus nets et cette recherche de dégradé, de destructuration. On verra. Quoi qu'il en soit, je ne pourrai plus y faire apparaître des bribes de mes créations précédentes, les
morceaux les plus parlants sont sur Mosaïque.
En mai 2007, j'avais le projet d'aller à La Garde (F), pour leur conviviale annuelle. On y rencontre de vrais cervolistes, venus pour partager leur passion du cerf-volant. Comme il y a peu de public et pas du tout de sono, on peut discuter de la famille, partager des astuces, admirer ce que les autres font voler, rêver un peu,... Bref, tout ce que j'aime! En plus, ça donne un petit avant-goût de l'été, ils ont tous un accent qui sent les vacances. Comme si ça ne suffisait pas, on est toujours bichonnés et en bonne compagnie...
Même s'il ne s'agit pas d'un grand Festival Internationnal, j'avais très envie de faire voler un "truc" tout neuf. J'ai repensé à la brise si agréable qui soufflait l'année précédente et j'ai décidé qu'il me faudrait quelque chose de léger. J'avais, tout au fond d'une armoire, un "machin", que j'avais commencé, mais jamais continué, à cause d'un petit souci technique. Je l'ai donc extirpé et j'ai tout de suite compris que c'était exactement de ça que j'avais envie.
Le délai était assez court, j'ai sorti la machine à coudre, scié les baguettes, j'avais même retrouvé la photo qui m'avait inspirée! Tout à la fin, je me suis vue ralentir, approchant de la fameuse embûche technique : il fallait raccorder trois baguettes par leur extrémité, sans que ce soit souple. Mais, bien sûr, je voulais que ça reste démontable! J'ai donc bricolé une espèce de pièce avec du plastique, du mastic, des bouchons et une rondelle de vis, la veille du départ.
Evidemment, sur place, ça n'était pas tout-à-fait ce que j'aurais voulu: trop souple, ma pièce laissait les baguettes se replier en arrière, jusqu'au moment où le cerf-volant a atterri "à genoux"! J'avais eu le temps de voir que la forme était bonne et que le bridage (pour une fois) était bien réglé. Le cerf-volant planait un peu, sans devenir incontrôlable. C'est un des membres du club "Au Gré Dou Vent" qui m'a donné la solution. Trop simple pour que j'y pense, stressée comme je l'étais : un tube de plastique, percé au milieu, permettait de fixer les deux baguettes du bas à celle du milieu.
C'est à Fréjus (F), en octobre, que j'ai vraiment pu essayer ce cerf-volant. Je trouvais qu'il ressemblait à un oiseau.
Mon fils a déclaré qu'il s'appellerait "Grand Rouge". Pourquoi pas?
Septembre 2008 : je viens de découvrir que l'inventeur de ce plan génial est M. André Moreaux, que je remercie de tout mon coeur. J'adore faire voler "Grand Rouge". D'ailleurs, mon fils aussi. Si
j'en faisais un deuxième? (Je parle du cerf-volant, bien sûr !!! ) ;-)
A l'ascension 2007, Archytas a fait son traditionnel camp à Boudry, pour construire et voler. Ils avaient repéré ce cerf-volant sur un Festival, pour sa forme, bien sûr , mais aussi pour son vol.
Par tout petit vent, le Jenni plane, suit les courants, se laisse guider. Quand le vents forcit, il suffit de l'arquer plus, pour qu'il reste stable. Nous
avons choisi de tous coudre le même dessin (carré blanc, bas noir et gris), puis d'y ajouter chacun sa couleur, pour une touche un peu plus personnelle.
Voilà, voilà, l'équipe d'Elément'Air a encore frappé... Je n'ai pas pu résister à leur invitation en mars 2007 et je suis allée construire avec eux... une soucoupe volante!
Comme d'habitude, ils sont partis d'une idée originale. C'était, je crois, une pub des années '50 qui montrait ce cerf-volant... Ils l'ont donc ré-inventé et ça vole bien :-)
J'ai pu l'essayer par tout petit vent à Missy (CH) et par bon vent de mer à La Garde (F), c'est super! Selon l'angle que prend le cerf-volant, il plane et ressemble vraiment à un aterrissage de petits hommes verts! C'est un vol vraiment ludique, et je ne me suis pas blessée aux mains, pour une fois!
J'avais envie de sortir un tout petit peu des sentiers battus pour la couleur. Comme il est complètement symétrique, j'ai posé les panneaux de couleur un peu décalés, pour accentuer le coté sphérique.
J'avais envie de coudre des petits ronds autour du centre, pour figurer les hublots, mais maintenant, je ne sais plus trop si je vais le faire. Je ne suis pas sûre que ça apporte quelque chose. Le cerf-volant sur lequel j'ai vu cette idée était tout noir, ça faisait vraiment "aliens". On verra bien!
Non, tu ne rêves pas: c'est un cerf-volant déjà souvent vu sur les terrains. En novembre 2006, le club Archytas a décidé de construire une réplique (presque identique...) du cerf-volant commercialisé par Prisme. Depuis longtemps, nous en avions envie. Voilà, nous l'avons fait!
Même si plein de détails sont différents, les caractéristiques de vol sont très proches. Très joueur, c'est un cerf-volant un peu fantaisiste. On dirait un tout jeune animal, un peu fou-fou, toujours prêt à bondir, sautiller, danser. C'est un vrai plaisir de le faire voler, d'autant plus qu'il a su, aujourd'hui par exemple, se contenter de très peu d'airs.
Un cerf-volant idéal pour nos conditions de vents suisses ;-)
Liste chronologique de mes constructions :
1. Snowflake, 1,5m x 1,5m, avril 1998
2. "Dragange", 1m x 1m, août 1998
3. Anneau "Jour et Nuit", diam. 4m, mars 1999
3 (bis). Bannière, hauteur 3m, mai 1999
4. Arche, long. 50m, mai 1999
4 (bis). Libellule, 1.60 x 1m, mai 1999
5. "Masques", 1,85m x 2m, juin 1999
6. Disque "sur un air de musique", diam. 2m, sept. 1999
7. Navette "bateau", env. 50 cm, sept. 1999
8. Matisse (Genki), 3m x 1m., mars 2000
9. Rossinière (Projet E2), 70cm x 1m, mai 2000
10. Bannière "Soleil", 5m, juin 2002
11. "Soleil" auto-portrait, juin 2002
12. Lion, août 2002
13. Regard, Jimmy, novembre 2002
14. Papillon, décembre 2002
15. "L'enfant, la lune et le soleil", Delta, décembre 2002
16. Train Arc-en-ciel, Yakkis, avril 2003
17. "Mon étoile", hexagone, mars 2004
18. Platz, mai 2004
19. "Fou", Rokkaku, juin 2004
20. "Eole", septembre 2004
21. Poisson-clown, novembre 2004
22. "Révolver", mai 2005
23. "Eclipse", juin 2005
24. "As' tral", avril 2006
25. "Transparences", Genki, mai 2006
26. "Prisme", novembre 2006
27. "Soucoupe", mars 2007
28. "Grand Rouge", mai 2007
29. "Jenni", mai 2007
30. "Mosaïque", Urban Ninja, mars 2008
30 (bis). "Niki", Urban Ninja, mars 2008
31. "Parapluie", 288 cm x 220 cm, avril 2008
32. "La Vie En Rose", Parawing, 133 x 133 cm, septembre 2008
33. "Musique", Lo-Do, 300 x 50 cm, septembre 2008
34. Pipa, novembre 2008
35. Kondor, mars 2009
36. ... à suivre ;-)